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A croire et à manger - Religions et alimentation - Colloque AFSR
Publié le jeudi 5 janvier 2006, mis à jour le vendredi 9 juin 2006,
par J.H. Yvinec
Un colloque organisé par Aïda Kanafani-Zahar,
Séverine Mathieu et Sophie Nizard, les 6 et 7 février 2006. Association française de sciences sociales des religions.
Si le sacrifice a longtemps retenu l’attention des sciences sociales des religions, il n’en va pas de même des pratiques alimentaires qui semblent être un objet dont l’anthropologie s’est saisie assez tôt et la sociologie plus tardivement, en tous cas dans ses aspects symboliques. La sociologie des religions - à l’exception de travaux sur les religions populaires -, s’est intéressée pour sa part plus aux institutions religieuses qu’aux pratiques privées, davantage aux rituels dans leur ensemble qu’aux pratiques quotidiennes ou festives. Dans ce colloque, nous interrogeons les normes, non pas du point de vue de l’anthropologie des textes, mais en nous intéressant à leur mise en œuvre et leur vécu dans les rites et les pratiques aujourd’hui. L’évolution des normes à travers l’histoire s’inscrit dans cette perspective. Ce sont alors plus les transgressions et les aménagements qui retiendront notre attention que les normes prescrites par les institutions ou les codes religieux. Une deuxième piste nous conduit à explorer l’alimentation comme lien. Nous abordons cette question à partir d’une réflexion sur les fêtes, les agapes, le partage, la convivialité, l’hospitalité. D’un autre côté, la frontière renvoie à la figure de « l’étranger », défini ici comme celui qui mange autrement. C’est également celui qui suscite la curiosité, celui qui introduit le changement. Dans des contextes de pluralité religieuse et de mobilité, l’alimentation représente souvent un marqueur d’identité, l’un des derniers liens au religieux dans les processus de sécularisation. Porteuses de la mémoire des groupes, vecteurs et objets de transmission, les nourritures permettent la construction du sujet mangeant, dans sa corporéité (incorporation) et son inscription dans le collectif (corps social). Enfin, dans différents contextes de combinaison du religieux et du politique, nous abordons les régulations publiques/politiques des spécificités alimentaires d’ordre religieux : comment l’Etat et les autres institutions publiques interviennent-ils en matière d’abattage rituel, de régimes alimentaires religieux dans les cantines scolaires, à l’armée, dans les prisons, à l’hôpital ? Comment le droit des sociétés laïques est-il travaillé par de telles considérations ? Comment les institutions religieuses et les individus s’inscrivent-ils dans de telles sociétés ?
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