|
|
|
| Accueil | Articles les plus récents | Articles les plus populaires | Plan du site | Liens | Espace privé | |
|
L’archéomalacologie : présentation générale
Publié le lundi 5 juin 2006, mis à jour le samedi 22 mars 2008,
par Chloé Martin, Nathalie Serrand, Catherine Dupont
Les mollusques ont de tout temps été exploités par les sociétés humaines comme ressource alimentaire et comme matière première. Parmi la grande variété d’espèces (plus de 100 000) marines, fluviatiles (dulçaquicoles) et terrestres qui composent cet embranchement, celles qui possèdent un squelette externe ou interne sont susceptibles de laisser des vestiges pérennes et tangibles pour l’archéologie. C’est le cas de la plupart des gastéropodes (ex. bigorneaux), bivalves (ex. palourde), scaphopodes (ex. dentale) et polyplacophores (ex. chitons), communément appelés coquillages, mais aussi de certains céphalopodes (ex. seiche).
Les Bivalves
Les GastéropodesC’est la classe la plus importante de l’embranchement des mollusques (environ 15 000 espèces fossiles et 35 000 actuelles). Ce nom signifie littéralement "estomac dans le pied". Ces animaux sont caractérisés par une coquille enroulée en spirale (à l’exception des limaces, patelles et fissurelles) qui enferme le corps mou. Pour la plupart mobiles, ils sont présents dans les océans, les eaux douces, les rivières, les étangs et la terre ferme (escargots).
Les Polyplacophores
L’archéomalacologieL’archéomalacologie est l’étude de ces vestiges coquilliers archéologiques dont la présence dans les sites peut aussi bien être discrète et diffuse que prédominante et prendre la forme de dépôts massifs. Si l’exploitation des mollusques est un champ d’activités commun à de nombreuses cultures passées et actuelles, sa prise en compte par l’archéologie et l’archéozoologie est assez récente. Les mollusques ont, en effet, traditionnellement été considérés comme des ressources minimes et secondaires et, de ce fait, pauvres en informations du point de vue archéologique.
Pourtant la mise en place d’une réflexion méthodologique et théorique, de problématiques, d’outils et de techniques d’analyse adaptés a démontré que leur étude pouvait contribuer à la compréhension des systèmes socio-économiques passés. En effet, ces ressources peuvent témoigner d’articulations entre plusieurs systèmes techniques puisqu’elles sont à la fois des organismes consommables intégrés de manière plus ou moins constante dans les économies de subsistance et des matériaux souvent valorisés, utilisés pour des productions utilitaires ou ornementales et vecteurs de valeurs culturelles. Les mollusques constituent enfin, aussi, des indicateurs environnementaux et fournissent des informations utiles à la connaissance des milieux naturels et anthropisés et de leur évolution. L’archéomalacologie s’intéresse donc à trois axes majeurs, les mollusques comme :
Les mollusques : ressource alimentaireAprès la fouille, le tamisage et le tri du matériel archéologique, on procède à l’identification des espèces de coquillages. On peut ainsi observer les choix alimentaires effectués par chaque société au sein d’un panel d’espèces. On peut également déduire les zones de collecte où les hommes se sont approvisionnés (fig. 8). En observant ce type de données sur différents sites archéologiques dans le monde et au cours du temps, on observe l’évolution de ces pratiques.
Les mollusques : matière premièreDe tous temps, les coquillages ont été utilisés pour leur matière, blanche ou nacrée, pour produire des objets : outils, éléments de parure, etc. En observant les objets retrouvés dans les sites archéologiques et les traces de fabrication et d’utilisation qu’ils portent (par l’analyse des microtraces, notamment), on peut reconstituer les procédés de fabrication et la fonction des objets.
Les mollusques : indicateurs paléo-environnementauxLa réalisation de sondages à proximité des sites archéologiques permet de reconstituer l’environnement. Plusieurs sondages effectuées dans la région du Ja’alan au sultanat d’Oman, ont permis de mettre en évidence la présence d’une lagune et d’une mangrove dans une zone actuellement désertique.
Nous sommes trois à travailler sur les coquillages au sein de l’UMR 5197, voici nos zones d’études :
Forum
|
|||||||||||||||||