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Introduction de l’âne dans le Nord de la France
Publié le jeudi 16 septembre 2004, mis à jour le mardi 27 décembre 2005,
par J.H. Yvinec
L’introduction de cette espèce dans la moitié nord de la France semble n’intervenir qu’à la période gallo-romaine. Il n’existe en effet aucune trace de sa présence à La Tène. Durant la période gallo-romaine cette espèce demeure dans tous les cas rarissime. Les quelques mentions de l’équidé proviennent du site d’Erps-Kwerps en Belgique et datent du II-IIIe siècle. Il faut noter aussi le cas d’un squelette complet daté du IIIe siècle trouvé près de Limoges (mais on se situe là bien plus au sud).
Ce n’est qu’au cours de la période mérovingienne qu’on assiste à l’expansion de l’espèce. Elle est présente sur 12% des sites ruraux soit 3 cas sur 25. Il semble même que l’âne n’apparaisse que sur les sites de la seconde partie de la période mérovingienne, soit aux VII-VIIIe siècles. L’espèce n’est donc attestée de manière régulière dans les faunes qu’à partir de la période carolingienne, où on le découvre sur près des trois quarts des sites. A ce niveau de représentation on peut considérer que l’espèce a été adoptée dans la quasi totalité des établissements ruraux. Tout au long du haut Moyen Age le niveau de représentation de l’âne parmi les équidés reste faible. En nombre de reste, ce taux varie de 4 à 8 %, ce qui reste marginal en terme d’utilisation de l’animal. Il est par ailleurs vrai qu’il n’est pas possible de mesurer la présence des hybrides ; l’âne n’est peut-être utilisé qu’à la production de mûles, ce qui pourrait expliquer dans un même temps la généralisation de sa présence dans les installations agricoles et sa relative faible abondance. En revanche, il est intéressant de constater que ce taux s’accroît très nettement (15 à 50 %) sur les sites du Pays de France où les équidés sont de trois à six fois mieux représentés que sur les autres sites de la moitié nord de la France. C’est aussi dans ce secteur qu’on possède les premières indications de découpe / consommation de l’animal ; sans doute en raison de la taille des échantillons d’os. L’expansion de cette espèce a donc été très lente voire inexistante durant la période gallo-romaine et a évolué de manière explosive à partir de la fin de la période mérovingienne. YVINEC (Jean-hervé), LEPETZ (Sébastien)2002, Présence d’espèces animales d’origine méditerranéennes en France du nord aux périodes romaine et médiévale : actions anthropiques et mouvements naturels. In : Gardeisen A. éd., Mouvements ou déplacements de populations animales en Méditerranée au cours de l’Holocène, B.A.R. S1017 : 7p. |
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