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Instruments sonores du Néolithique à l’aube de l’Antiquité
Publié le lundi 25 janvier 2010, mis à jour le dimanche 30 mai 2010, par Carine Carpentier
Fiches de la Commission de nomenclature sur l’industrie de l’os préhistorique - Cahier XII
Tinaig CLODORÉ-TISOT, Marie-Barbara LE GONIDEC, Denis RAMSEYER et Caroline ANDERES
Sous le patronage de l’Union internationale des sciences préhistoriques et protohistoriques. Éditions Société préhistorique française, Paris, 2009

Qu’est-ce que la musique ? Qu’est-ce qu’un instrument musical ? Quels sont les témoins archéologiques connus ? Quels sont les objets sonores qui ont pu exister mais dont on ne retrouve pas les vestiges ? En quoi consistent les mélodies et les rythmes ? C’est par ces interrogations que débute ce cahier.

La première partie, rédigée par Marie-Barbara Le Gonidec, est consacrée d’une part à l’organologie, qui précise ce qu’est un instrument de musique et comment il fonctionne, et d’autre part à l’ethnomusicologie, qui nous aide à mieux comprendre l’utilisation des instruments et leur place dans la vie quotidienne. Si aujourd’hui la musique est, dans nos sociétés occidentales, avant tout un divertissement, elle a connu jusqu’à une époque récente un caractère sacré et était liée aux croyances religieuses des populations qui en ont fait usage.

Dans la deuxième partie, Tinaig Clodoré-Tissot décrit et classe les témoins archéologiques en matière osseuse de la Préhistoire récente et de la Protohistoire, à savoir les sifflets, les flûtes, les trompes, les conques, les rhombes et les racleurs. Les vestiges archéologiques liés aux sons musicaux sont le plus souvent fragmentés et incomplets, fort rares au demeurant. En effet, seules quelque 65 pièces en matière dure d’origine animale ont été recensées par notre groupe de travail, et ce pour les six millénaires précédant l’arrivée des Romains.
Tinaig Clodoré-Tissot s’est également livrée à des reconstitutions de pièces archéologiques afin de comprendre le fonctionnement de ces instruments et d’appréhender la nature des sons produits. Les enregistrements sonores qu’elle a réalisés dans ce but ont été intégrés à ce cahier sous forme de CD  ; ainsi peut-on prendre conscience de la variété des sons qui ont pu être produits durant la Préhistoire et la Protohistoire. Car si l’on ne connaîtra jamais les mélodies jouées par nos ancêtres préhistoriques, on peut toutefois, sur la base des témoins archéologiques étudiés, se faire une idée de la fréquence des sons et du timbre musical des instruments utilisés.
Le catalogue de tous les objets recensés (fiche 3) permet de présenter, par type, une vision synthétique de tous les instruments sonores couvrant la période du Néolithique ancien à la fin de l’époque de La Tène.

Dans la troisième partie du cahier, nous avons confié à Caroline Anderes le soin de présenter un bref état de la question sur l’apport des matières osseuses dans la facture des instruments de musique du monde gréco-romain. Il nous paraissait en effet essentiel d’ouvrir le champ de ces connaissances afin d’aborder la musique des temps anciens de la façon la plus large possible et d’observer l’évolution de l’utilisation de l’os dans la fabrication d’instruments au fil des siècles. Un glossaire complète les différentes études présentées, apportant aux archéologues un précieux soutien dans le domaine de la terminologie appliquée à l’ethnomusicologie et à l’organologie.

Si les instruments de musique en bronze, en céramique et en bois offrent une image plus complète et plus variée du monde musical, ils ne sont toutefois pas étudiés ici, nos publications étant exclusivement réservées aux matières dures d’origine animale.

L’objectif de cette publication est de dresser un état de la question, de susciter des réflexions, de rendre attentifs les chercheurs à certains objets souvent fragmentaires et mal identifiés, révélateurs d’un aspect encore trop peu étudié, celui de la musique dans les temps anciens.

Le fait d’avoir associé à cette publication des spécialistes en organologie, en ethnomusicologie et en archéologie aboutit à un résultat particulièrement intéressant. Ce cahier, consacré aux témoins sonores du Néolithique à l’époque gréco-romaine, est publié avant celui voué aux instruments sonores du Paléolithique. Ce dernier, en cours de préparation, paraîtra ultérieurement. En attendant, ce cahier devrait ravir toutes les personnes intéressées par les origines de la musique.



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